Pourquoi cette pédagogie ?

 

Un éveil des capacités de l’enfant

 

Selon le mouvement international des écoles Steiner Waldorf, il s’agit d’éduquer l’enfant tout entier, « tête, cœur et mains ».

Le rôle de l’école est donc «d’accueillir chaque enfant comme une personne unique, établir avec lui une relation de confiance réciproque et lui permettre ainsi de découvrir, de déployer et de mettre en valeur ses capacités et ses potentialités».

 

Une pédagogie ouverte, respectueuse de l ’enfant, pour favoriser un environnement propice à la construction psycho-corporelle et offrir au petit enfant une plus grande ouverture à la vie. L’enfant est accueilli comme une personne unique dont la construction est favorisée par le jeu et l’imitation. Ainsi, le travail sur l’imaginaire et la création artistique sont privilégiés tout au long des journées.

Assurer un accueil du matin personnalisé à chaque enfant, est un des actes essentiels de l’éducateur. Il soigne le passage de la relation : enfant-parents à la relation enfant-jardin d’enfants.

Au côté des parents pressés ou calmes, inquiets ou souhaitant s’attarder, l’enfant dès son arrivée au jardin d’enfants observe, écoute, ne lâche pas la main de son parent ou, selon son caractère, court rejoindre les autres enfants. Par l’observation de ce qui se passe et se joue, par son écoute et sa capacité à recevoir « l’autre » dans le moment sensible qu’ est la séparation, l’éducateur peut contribuer à atténuer les tensions et instaurer une ambiance chaleureuse et apaisante.

En étant pleinement dans cette relation « d’accueillir l’enfant et son parent », il montre aux parents la qualité du lien qu’elle préserve entre le milieu familial et le jardin d’enfants.

De même au moment du départ en fin de journée, une relation peut s’établir où l’éducateur peut restituer les moments forts de la journée afin d’assurer cette continuité dans ce que l’enfant a vécu au jardin d’enfants.

Il semble important de permettre au parent de prendre le temps d’accompagner l’enfant dans son arrivée au jardin d’enfants.

La porte d’entrée du jardin d’enfants vient de s’ouvrir et Anaïs profite que sa mère retienne la porte pour entrer. Elles pénètrent dans l’entrée qui paraît dans un premier temps sombre mais une lumière tamisée rentre par les fenêtres… Les premiers rayons de soleil viennent éclairer la table de saisons. Elle s’y dirige aussitôt et se penche au dessus. Elle se retourne vers sa maman et lui tire la main : «reugad! reugad!» répète t-elle. Toutes deux, cette fois, sont penchées et la maman s’exclame «Tu as vu Anaïs, du sable et des coquillages comme cet été !» Un tissu bleu recouvre la table et quelques gros coquillages ont été dispersés sur du sable. Anaïs, pointe le bout de son doigt et touche tout doucement l’un d’entre-eux: «ho ! ho ! beau» et poursuit sa discussion avec sa mère. «Tu viens» reprend l’adulte, «il est temps de rejoindre tes petits copains». Toutes deux se dirigent alors vers le vestiaire…

Une grande place est laissée au jeu libre. Il permet à l’enfant de développer les facultés nécessaires pour exercer, plus tard, sa liberté d’adulte.

Par le jeu l’enfant invente des situations où il se met en scène et élabore son langage. Il exprime ses émotions, se réapproprie ce qu’il vit avec le monde autour de lui. En jouant, l’enfant développe ses propres compétences qui participent à le construire. Il crée, il invente, il expérimente, il trouve des solutions.

Les interactions qu’il met en place à travers le jeu lui donnent cette confiance dans les liens qu’il établie avec les autres enfants et adultes.

Au Jardin l’Arc en Ciel, nous lui offrons ce temps de jeu « libre » quotidien (à l’intérieur comme à l’extérieur) où il s’investit pleinement sous le regard de l’éducatrice qui lui accorde toute son attention et est dans une attitude d’observation bienveillante.

C’est avec joie qu’il va faire preuve d’initiative et de créativité. Il va élaborer son schéma corporel en s’engageant physiquement dans ses jeux ainsi que sa motricité fine.

Par le jeu, l’enfant répond ainsi à son besoin d’être actif, physiquement et psychiquement.

Pour bien jouer, l’enfant doit être en sécurité, ne pas être dérangé, avoir la possibilité d’initier et de terminer ce qu’il entreprend. « il crée et fait à sa façon ». Il apprend par sa créativité personnelle et la richesse de son imagination.

Pour l’enfant, jouer est une nécessité. Il s’y adonne avec le plus grand sérieux.

Nous travaillons le moins possible avec des consignes et des explications. Nous nous appuyons sur sa faculté de mimer, d’imiter qui est essentielle à cet âge ; sans elle, il ne pourrait conquérir le langage. Ainsi, tout ce que l’adulte va impulser par ses activités et ses gestes, va entraîner la participation active de l’enfant. Ne commence t-on pas dès cet age à vouloir faire comme l’adulte ? Pousser la poussette, aider à mettre le couvert, prendre le balai… reproduire les gestes et se les approprier le fait grandir.

Les gestes, les qualités avec lesquels l’adulte se lie à l’activité, seront déterminants pour donner « l’envie de faire » à l’enfant.

Pour Boris Cyrulnic, l’enfant doit pouvoir expérimenter et refaire, il devient alors acteur de son apprentissage. C’est le fait de tenter, de commencer et recommencer qui lui ouvre les portes à se saisir des actions qu’il mène. L’imitation amène l’enfant à prendre confiance en lui pour pouvoir se lancer par la suite avec plus d’autonomie.

La confection de la salade de fruits (AUDIO)

Après le temps du jeu ou de l’atelier, la rencontre autour d’une petite histoire peut se faire et annonce un temps de partage des comptines et jeux de doigts. Les comptines participent à la motricité fine tout en permettant l’exercice des différentes sonorités de la langue.

Ces comptines et jeux de doigts seront répétés chaque matin et évolueront en fonction de chaque saison : Été, Automne, Hiver, Printemps. Les contes et histoires ont également une place privilégiée dans la matinée. Pendant une ou deux semaines, les enfants entendent la même histoire pour pouvoir se lier profondément au sens et aux paroles. Différents supports sont proposés : marionnettes, gestes, images…L’enfant s’identifie aux personnages, à leur langage et développe, au cours des différentes épreuves qu’il traverse ce qu’il y a de plus humain en lui (exemple : les contes de Grimm). Les contes montrent à l’enfant le sens de l’effort, éveillent des qualités morales potentielles (le courage, le partage, la persévérance…).

Il se relie ainsi au patrimoine de sagesse locale et universelle. Ces contes sont joués, mimés, mis en musique et offrent ainsi à l’enfant la possibilité d’être un spectateur attentif ou un acteur de l’histoire.

Le dessin, pour les plus grands, permet à l’enfant de représenter sa perception du monde et des formes, mais aussi sa perception de lui-même et de son vécu. Les blocs de cire utilisés lui laissent la possibilité d’aborder la forme par l’intérieur, par la couleur.

Les jardiniers laissent la liberté du thème à chacun. Le dessin est en outre pour elle un moyen de connaissance de l’enfant et de son évolution.

Le matériau utilisé pour le modelage est la cire d’abeille. L’enfant la chauffe dans ses mains avant de lui donner forme en laissant libre cours à sa créativité. Il exerce sa motricité fine. Par le sens de la chaleur et du toucher qui sont ici cultivés, l’enfant apprend à se percevoir comme un tout, rempli de vie, de chaleur. Il fait l’expérience de sa limite corporelle.

La technique de l’aquarelle, utilisée sur papier mouillé permet à l’enfant de manier aisément les couleurs.

Un pinceau large lui donne la possibilité de s’activer pleinement avec elles, et de se lier à leur mobilité.

Les rencontres entre les trois couleurs primaires (jaune, bleu, rouge), leur expression en nuances, nourrissent sa vie du sentiment. Il est heureux de voir apparaître de nouvelles couleurs, s’étonne de les voir s’éclairer ou s’assombrir. Il vit intérieurement leurs différentes qualités, leurs harmonies.

Le chant pratiqué au quotidien, cultive le sens musical. Il crée une enveloppe chaleureuse autour de l’enfant, dans un moment de joie partagée.

Les mouvements de l’eurythmie (psychomotricité et art du mouvement) sont un langage visible et permettent à l’enfant de se structurer dans son corps tout en acquérant souplesse et mobilité.

Par ailleurs, l’eurythmie aide à donner forme à son langage dont l’acquisition tient une place importante durant ces années de croissance intense.

Ainsi, la personnalité naissante de l’enfant développe les intelligences multiples, sociale, musicale, émotionnelle, intelligences liées au mouvement, au corps, au langage. L’intégration à l’école primaire pourra ainsi se faire sans avoir plongé l’enfant trop tôt dans l’abstraction.

 

L’équipe pédagogique met en place un environnement favorable pour répondre aux besoins de sécurité physique, psychique et affective de l’enfant. C’est dans cet environnement sécurisant et « contenant » que l’enfant acquiert confiance en lui et développe ses capacités à expérimenter et à explorer le monde qui l’entoure à son propre rythme. Il entre en relation avec ses pairs, il crée, il invente, s’appuyant sur son imaginaire, et devient peu à peu acteur de ce qu’il vit.

 

Une pédagogie innovante

 

Nous pratiquons une pédagogie à l’image de l’Homme, qui se base sur une connaissance approfondie du développement de l’enfant de 2 à 6 ans. Cette compréhension de la psychologie de l’enfant nous permet de favoriser ses initiatives, de l’écouter dans toutes ses expressions (émotionnelles, corporelles, langagières …) tout en sachant poser les limites. Le respect des rythmes est important pour nous, d’autant plus dans une société de l’immédiateté, où l’on peut penser qu’un enfant n’est qu’un adulte en miniature. L’enfant par nature est créatif et imaginatif, des facultés essentielles pour sa construction, qu’il s’agit de cultiver. C’est pourquoi, nous lui proposons des supports pédagogiques simples dont l’enfant se saisit et qu’il transforme: bois, terre, eau, sable, tissus, laine, etc.  Pour en savoir plus, cliquez sur l’image.

Outre la pédagogie Steiner Waldorf, les pratiques du jardin d’enfants s’appuient sur les travaux de pédagogues et pédopsychiatres tels Emmi Pikler et D.W.Winnicott. En savoir plus :

 

 

 

 

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